La source ferrugineuse des Frouchis

Patrimoine Tourisme

En forêt domaniale de Trois-Fontaines, située au sud-est du département de la Marne et en bordure de ceux de la Haute-Marne et de la Meuse, le site des Frouchis constitue un bel exemple du petit patrimoine public remis au jour par des passionnés pour susciter l’attrait des promeneurs.

À proximité de Saint-Dizier, la forêt domaniale de Trois-Fontaines possède un potentiel touristique dynamique. Elle abrite en son coeur l’Abbaye cistercienne éponyme et propose différentes balades, offrant détente, activités physiques ou soulevant la curiosité des promeneurs, grâce aux éléments géologiques pittoresques qu’elle recèle. Outre les gouffres faisant l’objet d’un circuit de randonnée et les réseaux souterrains régulièrement explorés par des spéléologues, la source ferrugineuse (du latin ferrugo-ginis : rouille) des Frouchis, probablement alimentée par une petite dérivation sur le ruisseau proche allant se jeter dans le « Charles Quint », présente un atout essentiel pour ce patrimoine naturel. Elle connut d’ailleurs au XIXe siècle une renommée fameuse. La forêt conserve par ailleurs les vestiges de la base militaire OTAN occupée par les troupes américaines de 1959 à 1966.

Quand les pélerins puisaient l'eau de l'espérance

Au XVIIe siècle on affirma que l’eau ferrugineuse avait des propriétés curatives pour le foie, l’estomac, la neurasthénie, les calculs. L’eau de la source des Frouchis, à dominante teneur en fer, étant de même composition que celle qui alimentait l’établissement thermal marnais de Sermaize-les-Bains (en activité de 1852 à 1954), nombreux furent les pèlerins et curieux qui convergèrent vers cette source puiser les bienfaits de son eau.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la religion chrétienne s’est appropriée elle-aussi la source des Frouchis. Une vierge à l’enfant, provenant des fonderies du Val d’Osne, fut érigée ici par la pieuse famille Trémaux de Saint-Dizier transformant le lieu en un site thermal populaire et de pèlerinage. Le chanoine Petit l’évoque dans son ouvrage Vieilles rues, vieilles pierres « Tout de suite à gauche, la rue Jeanne d’Arc, ancien chemin des Frouchis, autrefois fréquenté par les promeneurs et curistes qui allaient boire l’eau ferrugineuse de la source de la haie Renaut. De grand matin, en été, les amateurs accomplissaient cette promenade hygiénique aussi bienfaisante que le liquide qu’ils allaient absorber. à certains jours, le lundi de la Pentecôte, par exemple, beaucoup de Bragards allaient piqueniquer à cet endroit et passer l’après-midi à danser au son des violons et des cuivres… ».

Protection et valorisation du site

Bon nombre de personnes sont en quête d’informations sur cette singulière source et sa statue qui semblaient oubliées. Pourtant, le lieu a toujours été fleuri et la statue, qui a retrouvé sa tête et son enfant grâce à un généreux sculpteur de pierre, remise en place et scellée. L’association Les Amis du Musée de Saint-Dizier, touchée par la poésie et la particularité de ce lieu de dévotion, a pris plaisir à le redécouvrir, se renseigner sur son histoire. En partenariat avec la Ville de Saint-Dizier et l’Office national des Forêts (ONF), elle travaille à la mise en valeur du monument et sur des projets d’actions pédagogiques présentant l’intérêt du site (panneaux informatifs sur les zones humides, la biodiversité, la géologie, l’historique…).

[ Publié le : vendredi 26 mars 2021, à 15h54 ]

[ Dernière mise à jour : vendredi 26 mars 2021, à 15h59 ]

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