L’agriculture durable de l’élevage de la Crouée

Agriculture

L’élevage de la Crouée à Villiers-en-Lieu soufflera ses 100 bougies en 2021. 4 générations d’agriculteurs se succèdent dans cette ferme en polyculture élevage, aujourd’hui exploitée par Bertrand et Fabian Aubriot, père et fils dont les ambitions ne s’essoufflent pas.

Bertrand et Fabian Aubriot, installés en Gaec (Groupement Agricole d’Exploitation en Commun), exploitent 380 ha de terres, principalement en location, en pâtures ou cultures. Blé, orge d’hiver et de printemps, colza, soja, maïs, luzerne et trèfles constituent la partie céréalière. Attachés à une agriculture durable, l’utilisation d’intrants (engrais, produits phytosanitaires et carburant) est limitée. Les 280 tonnes de fumier de volailles et 1 500 tonnes de fumier de bovins font office d’engrais naturels. Pour le côté élevage, la production de vaches laitières a été arrêtée en 2006. « Les mises aux normes devenaient trop compliquées et mon fils ne souhaitait pas poursuivre » confie le patriarche. 

L’histoire se poursuit avec des vaches allaitantes de race Limousine élevées en Label Rouge Blason Prestige. Le cheptel de 80 femelles donne naissance chaque année à autant de petits. Une vente de viande est organisée chaque mois à la ferme. « Une vache donne environ 300 kg de viande que nous vendons pour 80% au détail » précisent les deux hommes.

En 2018, l’activité se développe avec l’élevage de poulets Label Rouge Plein air. 4 bâtiments de 400 m² chacun accueillent dès leur premier jour 4 400 poussins. Dès le 41e jour, les volailles profitent librement en journée d’un parcours extérieur. « Nous travaillons avec l’abattoir des Volailles Champenoises à Reims qui achète la totalité de nos poulets pour une commercialisation dans les grandes surfaces locales. Nous en récupérons une partie, suivant les commandes de nos clients pour une vente directe à la ferme tous les 3 mois. » explique le jeune agriculteur. Entre deux couvées, un vide sanitaire de 15 jours minimum est respecté, permettant de ne pas utiliser d’antibiotiques. Cette partie de l’activité est la seule à ne percevoir aucune subvention. Le  Gaec s’attache à travailler en circuit intégré. Le blé inclus à l’alimentation de leurs poulets provient ainsi de la coopérative où sont déposées leurs moissons. En 2020, plus de 200 poules pondeuses sont venues compléter l’offre de produits à la ferme. Un distributeur automatique d’oeufs sera installé en fin d’année devant l’exploitation et l’espace dédié à la vente directe fera l’objet d’une rénovation.

Comptant sur des clients fidèles, Bertrand et Fabian Aubriot se réjouissent de séduire de nouvelles personnes à chaque vente.

 

Redonner à la terre son rôle nourricier

Le GAEC de la Crouée s’est converti progressivement en agriculture de conservation pour l’exploitation de ses cultures, afin d’améliorer le potentiel des sols. Le travail du sol a été supprimé à 95% et est utilisé en cas de vrais besoins. Le sol est couvert en permanence par des cultures variées pour conserver les organismes vivants présents dans la terre. « Ce n’est pas à l’agriculteur de faire pousser les céréales, c’est bien le rôle de la terre. 2 tonnes de microorganismes vivent par hectare de terre, nous devons les laisser faire leur travail » rappelle Fabian Aubriot. Des engrais verts sont semés après la moisson et avant la prochaine culture. Ce mode d’agriculture limite aussi la consommation de carburant des machines agricoles. Père et fils parcourent régulièrement leurs cultures pour décider si elles doivent être traitées. « Nous refusons les traitements systématiques s’ils ne sont pas nécessaires » affirme Bertrand Aubriot.

[ Publié le : lundi 11 janvier 2021, à 14h31 ]

[ Dernière mise à jour : lundi 11 janvier 2021, à 15h27 ]

Retour