Retour aux sources pour le Colonel Paupy

BA 113

Le Colonel Bruno Paupy a pris le commandement de la Base Aérienne 113 et de la Base de Défense Saint-Dizier / Chaumont le 24 août dernier. Un retour aux sources pour cet ancien pilote de Jaguar qui a débuté sa carrière ici. Saint-Dizier, Der & Blaise Mag est allé à sa rencontre.

Vous étiez commandant d'une escadrille en quittant la base en 2004, 13 ans plus tard vous en êtes le commandant, qu'est-ce que cela vous inspire ?

Colonel Bruno Paupy : Quand on est jeune pilote de chasse, on n’imagine jamais commander une base. C’est un honneur et un réel plaisir de retrouver la BA 113 et du personnel que j’y ai connu entre 1997 et 2004. J’ai ensuite travaillé pendant 9 ans à la BA 709 de Cognac puis de 2013 à 2017 en états-majors à Paris. La base a beaucoup évolué ces 10 dernières années, au niveau des infrastructures et avec la fin de la période Jaguar, sur lequel j’ai volé, et avec l’arrivée du Rafale. On me demande parfois si les activités liées au coeur de métier de pilote me manquent, mais pas du tout. Commander une base est le meilleur moyen d’être au coeur de l’opérationnel, au travers de ses missions quotidiennes (voir encadré).

Quel est votre rôle en tant que commandant ?

Col. Paupy : En interne, je dois fournir des infrastructures performantes et un cadre d’entraînement propice pour que chaque personnel puisse assurer sa mission opérationnelle. Les relations avec l’extérieur sont mon autre point d’attention. Je suis impressionné par l’attachement de la population à la base. J’entretiens des liens avec les élus, les associations sportives ou le monde de l’enseignement, par l’accueil de stagiaires par exemple ou à travers la Réserve opérationnelle qui représente 200 personnes à Saint-Dizier, avec des profils très variés. Tout le monde peut y trouver une place. Enfin, je veille à la redistribution financière en ayant recours à des entreprises locales pour entretenir les infrastructures, et avec le pouvoir économique des militaires qui vivent aux alentours.

Quels grands projets allez-vous mener ?

Col. Paupy : Sans aucun doute, la mise en oeuvre de l’escadron 2/4 Lafayette qui remplacera l’actuel escadron sur Mirage 2000 N, basé à Istres et qui viendra renforcer la force de dissuasion aéroportée de Saint-Dizier. C’est une évolution importante qui se prépare depuis plusieurs années, on passe d’un site à un autre et d’un avion à un autre, le tout sans perdre d’efficacité au moment de la bascule. Nous devrons être au rendez-vous pour une mise en service opérationnelle courant 2018. L’ensemble des avions de chasse de la composante nucléaire aéroportée des Forces aériennes stratégiques sera alors regroupé à Saint-Dizier.

Vous êtes aussi commandant de la base de défense Saint-Dizier/Chaumont, de quoi s'agit-il ?

Col. Paupy : Il faut savoir que tous les commandants de base n’ont pas cette double casquette. Cette base de défense est une aire géographique qui regroupe la BA 113, le 61e Régiment d’Artillerie de Chaumont, le Service de Santé des Armées de Marolles et le Service Interarmées des Munitions de Brienne-le-Château. Il s’agit de mettre en commun des services tels que l’administration des personnels, les systèmes d’information et de communication, la restauration, l’hôtellerie, l’habillement, etc. Je n’ai pas de position hiérarchique, je m’assure de la bonne coordination et de la cohérence de ces services communs.

 

La 4e escadre

Elle assure la mission de dissuasion et se compose des escadrons de chasse 1/4 Gascogne et 2/4 Lafayette (à partir de 2018), de l’escadron de transformation Rafale - 3/4 Aquitaine - qui forme les équipages par la simulation et l’entraînement en vol, et de l’ESTA 15/4 Haute-Marne (Escadron de Soutien Technique et Aéronautique) qui regroupe près de 600 mécaniciens spécialisés dans l’entretien de la flotte Rafale.

 

Dissuader, protéger, intervenir

La BA 113 a trois missions. La dissuasion aéroportée est assurée depuis 1964. Toutes les unités de la base y participent. La protection de l’espace aérien national et des populations est mise en oeuvre par une permanence opérationnelle de la “police du ciel”. Le personnel militaire participe également à l’opération Sentinelle. L’escadron de défense sol/ air permet quant à lui d’établir des bulles de protection autour d’un lieu donné. Enfin, la base a une capacité d’intervention immédiate. Des avions d’armes interviennent en moins de 24h en Lybie ou au Mali. Le Groupe Régional d’Intervention Neutralisation-Enlèvement-Destruction des Explosifs (GRIN “NEDEX”), en astreinte constante sur la base, peut être appelé sur le sol national et à l’étranger.

[ Publié le : vendredi 24 novembre 2017, à 10h21 ]

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