Safran, l’or rouge à Voillecomte

Économie

En cultivant du safran, Benoit Jeanson a diversifié son exploitation agricole, installée à Frampas initialement spécialisée dans la culture de céréales. Une nouvelle activité qui demande minutie et patience.

Une jolie fleur mauve qui fleurit en octobre, au pistil parfumé et prisé, le Crocus Sativus est plus connu pour l’épice qu’on en extrait, le safran. Benoit Jeanson, éleveur d’escargots s’est lancé dans l’aventure il y a près d’un an, à Voillecomte. L’entreprise Escargots Safran du Grand Der était née. « J’avais ce projet en tête depuis plus de 10 ans. », explique le producteur, mais ce n’est qu’en 2016 qu’il décide de franchir le pas avec l’analyse du sol de sa parcelle puis l’achat de bulbes chez un producteur du Sud-Ouest.

Avec 1 000 m² de surface de plantation et 20 000 bulbes, la première récolte a approché les 130 g. Cette année, Benoit Jeanson espère 400 g ! Une production limitée qui justifie en partie le prix de l’épice, environ 30 € le gramme, aussi appelée l’or rouge. Mais quelques grammes à peine suffisent à parfumer de nombreux plats !

« La 1re année, chaque bulbe donne une fleur puis la 2e, 3 fleurs et l’année suivante 7 à 10 fleurs », explique le safranier avant de poursuivre « puis les bulbes qui se multiplient seront replantés. Un tiers de mes bulbes sera d’ailleurs replanté dans les années à venir à Frampas sur une parcelle qui est en cours de reconversion biologique. »

Chaque fleur de safran est cueillie fermée, aux premières heures du jour pour éviter la rosée. L’émondage, qui consiste à séparer manuellement le pistil, composé de 3 stigmates, du reste de la fleur est réalisé immédiatement après la récolte. Un travail long et minutieux qui ne peut être mécanisé. « Tous mes proches sont mis à contribution pour ce travail périlleux », plaisante Benoit Jeanson. Les stigmates une fois extraits sont alors séchés dans un four à déshydrater perdant ainsi 80% de leur poids. Ils sont ensuite conditionnés avant d’être vendus en épice ou transformés. « Je travaille en collaboration avec d’autres artisans locaux : apiculteur, producteur de vinaigre, de moutarde… pour diversifier les produits dérivés », précise Benoit Jeanson. La pleine saison se situe en octobre et le reste de l’année est essentiellement consacré au travail difficile de désherbage des parcelles.

Du safran mais aussi des escargots

Parallèlement, Benoit Jeanson élève toujours des escargots, des Gros-Gris. Il a même augmenté son « cheptel » passant de 38 000 bêtes l’an passé à 70 000 cette année. L’élevage d’escargots se fait en parc, d’avril à fin octobre, et nécessite également attention et soin.

Salons, marchés ou commerces de proximité, les produits d’Escargots et Safran sont labellisés bio et disponibles via un circuit court de distribution. Rendez-vous aux marchés de Noël de Saint-Dizier et Wassy pour découvrir ces produits locaux !

[ Publié le : mardi 9 janvier 2018, à 16h03 ]

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