Fouillé de 2011 à 2023, le site des Crassées continue de révéler l’histoire ancienne de Saint-Dizier, avec plus de 1 000 tombes découvertes et un qanât antique mis au jour.

Les Crassées : un site majeur pour comprendre l’histoire de Saint-Dizier
Situé à proximité de la zone du Chêne Saint-Amand, le site archéologique des Crassées livre depuis plusieurs années de précieux éléments sur l’histoire ancienne de Saint-Dizier. Occupé du Ier au XIIe siècle, il permet de mieux comprendre la vie du territoire avant la création de la ville.
De 2011 à 2023, des campagnes de fouilles y ont été menées chaque année. La dernière fouille réalisée par l’Inrap en 2023 a confirmé l’importance du site, avec de nouvelles découvertes liées à l’habitat, aux aménagements antiques et au cimetière.
Plus de 1 000 tombes découvertes depuis 2011
En juin 2023, la campagne de fouilles a mobilisé deux archéologues de l’Inrap, Stéphanie Desbrosse-Degobertière et Raphaël Durost, accompagnés de 44 étudiants et bénévoles.
La zone étudiée s’étendait sur près de 400 m², sur une pente inclinée de 16 %. Elle sépare la partie haute du site, où se trouvent notamment l’église, un bâtiment antique et le cimetière, de la partie basse, où une villa avec bains privés gallo-romains avait été installée.
Dans cette pente, 88 sépultures ont été mises au jour. Les archéologues pensaient y trouver un seul niveau de tombes. Les fouilles ont finalement révélé deux à trois niveaux superposés autour du mur de clôture du cimetière.
La partie sud du cimetière, plus proche de l’église, a également été étudiée avec la découverte de 29 sépultures supplémentaires. Au total, 1 035 tombes ont été découvertes aux Crassées depuis 2011.
Un qanât antique découvert
Les fouilles de 2023 ont aussi permis une découverte majeure : un qanât antique. Cette galerie souterraine permettait de récupérer l’eau de pluie infiltrée dans les graviers, puis ruisselant le long de l’argile.
Cette infrastructure alimentait les bassins d’ornement de la villa et probablement ses bains privés, grâce à une voie secondaire. Elle servait aussi à dévier l’eau afin de limiter les risques d’inondation.
Un tronçon de canalisation en bois a été retrouvé. Grâce à la dendrochronologie, qui permet de dater le bois à partir de ses cernes, les archéologues ont établi que l’arbre utilisé avait été abattu en 218 après J.-C.
Une monographie en cours de rédaction
Après les fouilles, le travail d’étude se poursuit. Stéphanie Desbrosse-Degobertière et Raphaël Durost rédigent actuellement une monographie, c’est-à-dire une étude complète des fouilles menées aux Crassées entre 2011 et 2023.
Une convention avec la Ville de Saint-Dizier permet également de reprendre l’analyse des céramiques découvertes lors des fouilles du Chêne Saint-Amand à la fin des années 1990. Ces éléments pourraient apporter de nouvelles précisions sur la vie du village et du cimetière des Crassées.
La monographie devrait aboutir d’ici moins de deux ans. À son issue, une nouvelle campagne de fouilles pourra être programmée par les services régionaux de l’archéologie.
Mieux connaître Saint-Dizier avant Saint-Dizier
Les fouilles des Crassées éclairent une période essentielle de l’histoire locale. Elles racontent la vie d’un site occupé pendant près de dix siècles, bien avant la ville que nous connaissons aujourd’hui.
À travers les tombes, les bâtiments, les aménagements hydrauliques et les objets étudiés, c’est une part profonde de l’histoire bragarde qui continue de se dévoiler.