Le premier combat aérien de l'histoire

Lors de la déclaration de guerre, le 3 août 1914, l’aéronautique débute. Elle ne possède alors que des avions destinés à la reconnaissance. C’est à l’initiative du général Joffre qu’elle obtient sa place dans le dispositif terrestre, en tant que 5e armée, effectuant des missions d’observation lors des Grandes manoeuvres au Camp de Mailly, début 1913. Cette discipline est exécutée, à cette époque, par l’aérostation militaire au moyen de ballons dirigeables ou captifs.
 
Les premiers avions affectés à la mission d’observation et à la reconnaissance sont des Borel BO11, des Farman, des Blériot, des Nieuport… mais aucun n’est armé de mitrailleuses. Les équipages ont comme armement des pistolets ou des mousquetons de cavalerie pour assurer leur protection. L’aéroplane est piloté par un soldat ou un sous-officier qui possède un brevet d’aviation militaire, ayant à bord un officier de cavalerie ou d’artillerie pour assurer la mission. On monte alors dans un avion toujours par la gauche, comme sur un cheval, et les aviateurs portent, dès 1914, le poignard au lieu du sabre.

Fin août - début septembre, des reconnaissances aériennes observent un changement d’orientation de l’offensive allemande. Paris n’est plus son objectif principal.

Un combat décisif

Au début de la guerre, le combat aérien est bien illusoire. Les avions ennemis ne se livrent à aucune bataille, se respectant avec un certain sens de la chevalerie. Mais bientôt, cette neutralité chevaleresque disparaît en raison de l’agressivité de certains belligérants. Devant des menaces de plus en plus précises, Joseph Franz et Louis Quenault, respectivement pilote et mécanicien-mitrailleur, décident de faire équiper leur Voisin LA Type 3, d’un fusil mitrailleur, supporté par une fourche à pivot.

Le 5 octobre 1914, en mission de bombardement sur des rassemblements ennemis situés derrière le Fort de Brimont et de retour vers le terrain de Lhéry, dans la Marne, ils aperçoivent un biplan, légèrement plus haut qu’eux, qui regagne les lignes allemandes. Décidant de l’attaquer, Joseph Frantz manoeuvre de telle façon que sa trajectoire le place derrière, dans l’axe de l’avion allemand.
Louis Quenault tire avec son fusil mitrailleur. Surpris, l’aviateur allemand tente de s’échapper en effectuant un piqué, tandis que son observateur tire au fusil sur l’équipage français. Le pilote allemand est mortellement touché. Son avion se cabre, décroche et bascule en flammes avant de tomber dans un marais entre Muizon et Jonchery-sur-Vesles dans la Marne.

Ce combat ouvre la voie à l’aviation de chasse. Début 1915, les avions affectés à cette nouvelle forme de combat sortent des chaînes de fabrication françaises, allemandes, autrichiennes, russes et anglaises et sont tous dotés de mitrailleuses.

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